Aujourd'hui/Le Parisien - 30/08 - n° 2457
Une photo en couverture avec " On a écouté le nouveau Johnny".
La page 26 est consacré à ce reportage sous le titre : " Du sang neuf pour Johnny ".
PLACE AUX JEUNES . Johnny Hallyday va s'offrir une jolie cure de jouvence pour son
prochain album, à paraître le 27 octobre. Un disque rock et grand public, enregistré à Londres
et surtout Los Angeles cet été, dont le mixage commencera mardi. Quinze titres en chantier,
dont nous avons pu écouter hier de larges extraits en avant-première. Et déjà il y a des signes
qui ne trompent pas. D'abord, Johnny Hallyday a fait appel à du sang neuf pour plancher sur
ses nouveaux titres. Raphaël, Grand Corps Malade, Lena Ka, Christophe Maé et Philippe
Uminski à la production : beaucoup de nouvelles signatures, presque juvéniles pour le rockeur
de 65 ans, qui pourrait être leur papa.
Comme aussi Calogero, à qui l'on doit le premier single extrait de ce nouvel album. La chanson
baptisée « Cela ne finira jamais » se présente comme une symphonie rock épique emportée par
des cordes martiales et un climat sombre et intense. « Cela ne peut pas finir/ Et j'aurai beau
partir/ Je resterai toujours pour toi/ A portée de voix », chante l'idole, habitée par un texte de
Patrice Guirao en forme de point final, parfait pour lancer sa tournée de 2009 annoncée
comme la dernière.
Dans ce premier titre, Johnny dresse le bilan, tutoie un public qui devra se faire à l'idée que le
temps est maintenant compté. « Mon histoire te ressemble... Dans ces chansons qui nous
rassemblent », confie-t-il avant un refrain qui devrait déchirer le coeur des fans. « Je ne suis que
la somme des mains qui se tendent, des coeurs qui attendent. Je suis ceux qui m'ont aimé. » Il
nuance même le texte au final. « Je suis ceux que j'ai aimés... » A ce premier grand moment
répond un autre morceau phare du disque, signé Francis Cabrel, quasi vétéran dans ce
nouveau casting. Sur son album blues, l'an passé, Johnny reprenait sa célèbre « Sarbacane ».
Son camarade sudiste lui offre cette fois un inédit sur mesure, « Je m'arrête là », blues-rock
enlevé et musclé qui, là aussi, remue des souvenirs. « Entre deux motos de police, tous les jours
à la même heure, j'ai rejoint les coulisses, ma seconde demeure. » Portrait d'un éternel routard
qui a « grandi devant tout le monde, debout derrière une guitare », mais se dit prêt à raccrocher
au détour du refrain : « J'ai fini par croire que toutes les routes mènent aux marches qui montent
à la scène. Sauf la prochaine. Parce que je m'arrête là. »
Johnny formule déjà des regrets via les mots de Cabrel. « Dieu sait ce que je perds, Dieu sait
ce que je laisse. » Il s'interroge aussi un peu plus loin : « Si mon coeur », composé par son fils
David et écrit par Grand Corps Malade. Un tandem inattendu pour une envolée rock
mélancolique où l'époustouflante puissance vocale du chanteur donne le frisson. « Mais dans la
nuit, elle me fait face, cette question qui serre le coeur. Mais dans la nuit rien ne s'efface. Ai-je
été à la hauteur ? » balance-t-il de toutes ses tripes. Il répond lui-même à la question en
conclusion. « Il reste encore pas mal de temps. Je serai à la hauteur. »
Johnny regarde donc toujours devant et ose se renouveler, comme lorsqu'il s'approprie la
syntaxe en liberté de Raphaël dans « Je n'appartiens qu'à toi » : une chanson d'amour
vaporeuse, impressionniste chantée au fond d'un bar enfumé, déprimé. Il y fait siens des mots
comme « le coeur de l'Afrique vole en éclats, les cours des marchés sont au plus bas ». Il
surprend aussi dans un duo décapant avec la jeune Anglaise Joss Stone pour une reprise mi-
française, mi-anglaise de « Unchained Melody », des Righteous Brothers, tout en acrobaties
vocales.
Enfin, il se laisse séduire par la musique que Christophe Maé lui a composée pour
« Etreinte fatale », sur fond d'harmonica chaleureux. De quoi rester jeune pour encore
longtemps.